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5.2.2.10.7 La publication d'une
action contre le propriétaire
Une action signifie une demande en justice introductive d'instance. Elle
est toujours introduite par requête.
110 C.p.c.
Quelle est la nature de l'action dont il est question à 2727, 3o
al. C.c. ? Avec déférence pour l'opinion contraire, je suis d'avis
que ce ne peut être qu'une action personnelle pour les raisons suivantes:
·
le propriétaire peut ne pas être personnellement responsable de la créance
parce qu'il n'a pas contracté avec le créancier qui peut être un sous-entrepreneur
ou un fournisseur de matériaux,
·
il se peut que la créance ne soit pas encore exigible,
·
le propriétaire peut bénéficier d'une loi suspendant les recours
personnels contre lui (ex: faillite, arrangement avec les créanciers,
etc.),
·
une telle action ne fait "avancer le dossier", que pour établir le montant
précis de la créance puisque le questionnement quant à la validité de
l'hypothèque subsiste jusqu'au jugement à
être rendu,
·
l'officier de la publicité des droits refusera, semble-t-il de
publier cette action purement personnelle,
·
une action contre le propriétaire d'un immeuble est un droit
nécessairement établi en relation avec un bien.
Je dis cela malgré les commentaires du Ministre de la justice au
sujet de cet article 2727 C.c.
Nous avons vu que la publication d'un préavis d'exercice
d'un recours hypothécaire peut s'avérer impraticable ou périlleux et qu'il
est parfois nécessaire ou simplement prudent de publier une action en plus
de ce préavis. La sécurité supplémentaire résultant de l'action compense
assurément pour les inconvénients reliés à sa publication et à une sorte
d'invitation à la contestation de la créance et de l'hypothèque. Force
est de conclure, me semble-t-il, qu'il doive plutôt s'agir d'une action
réelle en reconnaissance de l'hypothèque légale en vertu des articles 912
et 2735 C.c que voici:
Art. 912 C.c.
Le titulaire
d'un droit de propriété ou d'un autre droit réel a le droit d'agir en
justice
pour faire
reconnaître ce droit.
Art.
2735 C.c.
Les
créanciers hypothécaires peuvent agir en justice pour faire reconnaître
leur hypothèque
et interrompre la prescription, encore que
leur créance ne soit ni liquide ni exigible.
En vertu de l'action réelle en conservation de l'hypothèque
légale de la construction, le créancier recherche un jugement dont les
conclusions concernent le montant précis de la créance et une déclaration
de la validité de l'hypothèque légale. Ainsi, l'institution d'une telle
action réelle aura pour effet de conserver l'hypothèque légale de la
construction au-delà de 6 mois, même si le préavis n'est pas valide pour
quelque raison que ce soit. On peut penser à l'action purement
hypothécaire qu'on connaissait sous le droit antérieur.
C'est pourquoi, je suis d'avis que le créancier de la
construction agira prudemment , et ce, dans tous les cas, en instituant et
en publiant une action comportant des conclusions personnelles contre les
débiteurs et des conclusions de nature réelle.
Cette action sera donc mixte. Il est aussi préférable que
l'on demande que tous ceux qui sont responsables de la créance soient con
damnés à la payer.
Je vous fournis un modèle de cette action – voir formule
C- 8.5: Action en vertu de 2727 3 e al. C.c.
Ce créancier instituera et publiera cette action
avant l'expiration de 6 mois depuis la fin des travaux, cela pour éviter
de se "trouver le bec à l'eau" pour le cas où tel préavis qu'il a publié
s'avère ultérieurement invalide parce que par exemple sa créance n'est pas
liquide et exigible ou parce qu'on demandera la radiation pour défaut de
remplir son obligation d'informer les tiers ou bien pour d'autres raisons
après l'expiration du délai de 6 mois. Attention aussi à la prescription
extinctive; le préavis d'exercice d'un recours hypothécaire, quoique
valide, n'a pas pour effet de suspendre la prescription extinctive. Je
pense aussi à la possibilité que le propriétaire force le créancier à
changer de recours pour celui de la vente sous contrôle de justice en
vertu de 1779 C.c. Cette action pourra s'avérer utile pour éviter
la prescription extinctive.
Attention : si vous instituez une requête pour prise en
paiement ou pour vente sous contrôle de justice, assurez-vous qu'elle ne
comporte pas de conclusion demandant la reconnaissance de votre hypothèque
afin d’éviter le rejet de votre action pour
litispendance. L'officier de la publicité des droits publiera cette
action est mixte, réelle et personnelle. La requête sera évidemment
toujours dirigée contre le propriétaire de l'immeuble. Elle pourra aussi
être dirigée contre le débiteur de la créance si le propriétaire n'en est
pas personnellement responsable. Elle sera réelle seulement si la créance
n'est pas encore exigible, ou si la personne avec qui le créancier a
contracté est en faillite et qu'il n'y a personne d'autre responsable de
la créance. L'officier de la publicité des droits sera mis en cause, non
pas pour l'obliger à publier l'action à l'occasion de son institution
puisqu'il est obligé de le faire en vertu de la Loi, mais plutôt pour que
les tiers soient informés du jugement rendu sur la requête en plus de
l'avoir été à l'occasion de la publication de l'action. Alléguez la
dénonciation au propriétaire des travaux avant qu'ils ne débutent, le cas
échéant.
Le créancier doit s'assurer que l'action a dûment été
publiée et correctement signifiée au propriétaire. Il obtient des extraits
du registre foncier pour s'en assurer et vérifier les rapports de
signification.
Tout intéressé s'assure de l'exactitude des sommes
réclamées ou simplement déclarées. Cette action pourra s'avérer utile
pour le cas où
un tiers demanderait que cette hypothèque soit substituée par une autre
sûreté. Il faut chercher à obtenir jugement sur cette action et non pas
la laisser en plan. Il s'assure aussi des faits pertinents à l'hypothèque.
Cela est important si on ne veut pas que le créancier oppose
ultérieurement l'argument de la chose jugée. Si nécessaire, le tiers
intervient à l'action pour la contester. Le propriétaire et tout
intervenant aura alors l'opportunité d'interroger le créancier hors Cour
tant sur la créance que sur les faits concernant la validité de
l'hypothèque si elle est supérieure ou au-delà de 25,000$.
396.1 C.p.c.
5.2.2.10.8 Contester l'action?
Attention en matière de faillite, le préavis d'exercice d'un recours
hypothécaire constitue une procédure judiciaire. C'est pourquoi, il ne
peut être publié après le dépôt d'un avis d'intention de déposer une
proposition.
Voir D- 23.10: Suspension des recours
hypothécaires et préavis de 10 jours L.F.I.
Attention aussi à la Loi sur la protection du territoire agricole. |